Max Bill – un regard absolu

(Max Bill – das absolute Augenmass)

Revue de presse



Lautsprecher Ecoutez: Culture Club, Radio Suisse Romande, mardi, 21 avril 2009 07h56

Vidéo: Fête du Cinéma à Neuchâtel / La Chaux de Fonds. Arcinfo.ch 19 octobre 2009 (1'56")

Critiche in italiano


Max Bill - un regard absolu – Fiche pédagogique e-media de Sylvie Jean (PDF, 422 ko)


Vibrant hommage à Max Bill
Dimanche matin, de nombreux lève-tôt biennois se sont rendus au cinéma Palace pour assister à la première du film «Max Bill – un regard absolu», en présence du réalisateur Erich Schmid.Le réalisateur était accompagné de son épouse, Angela Thomas, également veuve de Max Bill, afin de présenter ce long-métrage et de répondre aux questions du public. A travers des images d’archives et de témoignages de proches de Max Bill, ce dernier documentaire du cinéaste et journaliste Erich Schmid retrace le fascinant parcours de l’artiste engagé, connu internationalement, bien plus qu’en Suisse, pour ses ½uvres en peinture, sculpture, architecture et design. Né en 1908, Max Bill suit des cours au célèbre Bauhaus de Dessau. «Si le Bauhaus a transformé le visage du monde, il ne restait parmi ses nombreux étudiants en somme qu’une seule incarnation, Max Bill», insiste l’artiste suisse Gottfried Honegger. Max Bill est en effet toujours resté fidèle à la philosophie de cette école, à la dimension et à la responsabilité sociale liées à l’art. Après la fermeture du Bauhaus par le régime nazi, le peintre décide de fonder, dans les années 1950, l’école d’Ulm, s’inscrivant dans la continuité de l’enseignement et de la philosophie de Dessau. Personnage extrêmement positif et plein d’humour, cet artiste complet a su métamorphoser les étapes les plus noires de sa vie en énergie créatrice. De plus, dans son souci constant d’améliorer la condition de l’homme et de protéger son environnement, il a été très engagé sur le plan politique. Mort en 1994 à l’aéroport de Berlin alors qu’il se rendait en Suisse, Bill laisse derrière lui une ½uvre immense et incarne aujourd’hui une des plus importantes figures de l’art concret. Wassily Kandinsky, Paul Klee, Walter Gropius, Piet Mondrian, Lazlo Moholy-Nagy, les Arp, Georges Vantongerloo ou Ray Eames ont croisé sa route de près ou de loin. Ses nombreux monuments tels que le pont de Lavoitobel à Tamins (Grisons), dessiné par Bill et construit en 1966, la «sculpture-pavillon» (1983) qui se trouve devant le siège de l’UBS à Zurich (Bahnhofstrasse) ou, pour ne prendre qu’un dernier exemple, le théâtre de Vidy, conçu par l’artiste en 1964 lors de l’exposition nationale de Lausanne, font partie intégrante du paysage architectural helvétique contemporain.Après des recherches effectuées durant de nombreuses années, Erich Schmid réalise ici un documentaire complet, riche en informations, dans un style cinématographique très classique, pour rendre hommage au grand Max Bill.

Journal du Jura, http://acasculpture.blogspot.fr/2009/01/max-bill-un-regard-absolu-sculpture-au.html

Max Bill - O último Leonardo da Vinci do século 20
Seu nome é reconhecido internacionalmente como sinônimo de uma arte visionária pautada no futuro e na responsabilidade social...
In: A Magazine No 24, Barueri, Brazil...

Un artiste célèbre... et méconnu

D'Erich Schmid. Avec Angela Thomas

Par Freddy Buache

Les sorties simultanées en Suisse française d'un film sur Max Frisch (1911-199 1) et de celui qu'Erich Schmid consacre à Max Bill (1908-1994) devraient offrir une bonne leçon, notamment à la jeune génération: tous deux, en effet, parlent d'une existence helvétique rapportée à la modernité du XXe siècle qui débute, contrairement à ce qu'affirme le calendrier, à la date du conflit sanglant des batailles de 1914-1918. Beaucoup d'éléments psychologiques séparent ces deux vies zurichoises connues du monde entier, mais ces deux intellectuels différents témoignèrent de la résistance au fascisme ambiant, prirent le parti des républicains espagnols attaqués par le Général Franco, réservèrent un accueil chaleureux aux victimes d'une double dictature jusqu'en 1945, puis affrontèrent les peurs du gouvernement fédéral et de sa police pendant la guerre froide: leurs fiches, établies à Berne, le prouvent, un détail important que n'ignore pas Erich Schmid qui signa, en 1995, un long-métrage très discuté à propos de la discréditation publique d'un citoyen du Toggenburg jugé coupable d'anarchisme terroriste: «Il s'appelait Surava».
Max Bill, fils du chef de gare de Winterthour, exprima brutalement ses révoltes d'adolescent que né, calme, pas son passage à la maison de redressement. Il découvre ensuite, à Paris, les conceptions d'un art nouveau devant une construction de Le Corbusier, rencontre des peintres et des sculpteurs qui recherchent la beauté grâce à l'absence de superflues décorations, ce qui ne l'empêchera pas de recevoir chez lui l'exilé italien, l'écrivain Ignazio Silone ou le surréaliste germanique Max Ernst. Il se manifeste dans tous les domaines, de la typographie par l'édition de revues avant-gardistes à l'architecture commencée malgré son départ précipité d'un établissement professionnel, ce qui le conduit au Bauhaus de Dessau en Allemagne.

Devenu l'ami de ses maîtres (Paul Klee, Kandinsky, Moholy-Nagy, Mondrian, Sophie Taeuber-Arp, etc.), il travaille dans leur sens lorsque cette fameuse école sera fermée par le régime à croix gammée dès 1933. Ce projet audacieux que la politique nazie supprima, il va le reprendre en organisant la Haute École du Design d'Ulm, avec une référence aux concepts de Walter Gropius, ainsi qu'une faculté de cinéma dirigée par Alexandre Kluge. Cette entreprise pleine de promesses inédites sera brisée encore suite à la difficulté de l'acceptation d'une défaite militaire, aux actions tourmentées des juvéniles interventions dans l'univers d'une paix troublée et des appels contre l'intervention américaine au Vietnam. Le cinéaste, époux de la deuxième femme, veuve de Max Bill, Angela Thomas, historienne de cette esthétique jetée contre l'endormie culture bourgeoise par les groupes d'«abstraction-création» a fait narrer ces aventures d'une biographie qu'illustre un grand nombre de documents d'anciennes actualités ou d'œuvres diverses finement commentées. A ce propos, la présence de Max Bill à la préparation de l'Exposition nationale de Lausanne en 1964 qui prévoyait, au départ, un vaste centre culturel, se termina seulement par le bâtiment du Théâtre de Vidy, souvenir convoquant devant la caméra, les interventions de Guido Cocchi et la visite du lieu par René Gonzalez.

Le Matin Dimanche, 12.4.2009

Matériel normalement peu accessible

Entre le Max Bill antifasciste des années 30 (longtemps surveillé par la police fédérale) et le Max Bill récipiendaire du «Prix Nobel des Arts» dans les années 90 que de chemin parcouru! Le documentaire que lui consacre le journaliste et cinéaste Erich Schmid est une bonne approche de la personnalité (complexe) du peintre, sculpteur, graphiste, «designer» et architecte suisse (1908-1994). Un artiste important, qui a noué de nombreux contacts au cours de sa vie, qui a croisé Kandinsky, Klee et Picasso, ou encore Sartre, Ignazio Silone et Max Ernst, et qui a tenté de placer son travail de créateur au centre de ce qu'on appelle aujourd'hui «l'environnement».

«Max Bill – un regard absolu» a ceci d'original qu il réserve une place importante au commentaire d'Angela Thomas, historienne de l'art, qui fut la dernière épouse (de 40 ans plus jeune que lui) de Max Bill. Savoir par ailleurs qu'elle s'est remariée (quatre ans après la disparition de Max Bill) avec le cinéaste Erich Schmid permet de mieux comprendre à la fois le caractère souvent très personnel et intimiste du film, comme par ailleurs peut être l'absence de distance critique vis à vis de l'œuvre et de la personnalité de l'artiste.

Le cinéaste a pu disposer d'un matériel normalement peu accessible en pareilles circonstances (photos et documents personnels, déclarations de Max Bill, films sur sa vie). Les considérations sur l'art en général sur l'esthétisme ou la politique s'enchaînent suivant un fil conducteur qui est celui de la chronologie dans un voyage d'exploration jalonné d'interventions extérieures de confidences de témoins contemporains. Leurs remarques permettent de mieux définir l'homme de (re)découvrir le cheminement d'un artiste qui a fortement plaidé pour que l'art endosse une forme de vraie responsabilité – dans le domaine architectural notamment – à l'égard de la vie sociale et environnementale.

Erich Schmid a manifestement cherché à montrer comment Max Bill a tenté d'atteindre un tel objectif, et ce sont sans doute les meilleurs moments du film, le reste appartenant au rappel des différentes étapes de sa carrière et à l'évocation des lieux où il a vécu. Le film s'attache à retrouver la figure de Max Bill à la replacer dans son contexte historique tout en donnant priorité à l'illustration plutôt qu à la réflexion critique.

Antoine Rochat, Ciné-Feuilles, 22.04.2009

Portrait d'un monument

Samuel Schellenberg

Dans Max Bill, un regard absolu, Jacques Chirac, en 1993 , note que le plasticien, désigner et architecte suisse reste peu connu en Europe, alors que les États-Unis ou le Japon l'ont depuis longtemps consacré. Le maire de Paris n'a pas tort, mais pour être exact, c'est surtout la France – de même que la Suisse romande – qui peine aujourd'hui encore à reconnaître l'importance du personnage. La Suisse alémanique, et plus encore l'Allemagne, sont parfaitement au fait de ce qu'ils doivent à ce pilier de l'art concret, qui insufflait âme et mathématiques dans son travail éminemment géométrique.

Soigneusement monté, mélangeant images d'archives, interviews et vues des oeuvres et ouvrages de Bill, le documentaire d'Erich Schmid retrace toute la vie de celui qui est né à Winterthur en 1908 et s'est effondré devant les guichets de check-in de l'aéroport de Berlin-Tegel en 1994. (…)

Précoce mais trop turbulent au regard de ses supérieurs, l'ado Max Bill est renvoyé des Beaux-Arts de Zurich. Il part pour Dessau et l'école du Bauhaus, où il suit les cours de Kandinsky, Klee ou Moholy-Nagy. A Paris en 1933, il expose avec le groupe abstraction-création et des artistes comme Mondrian, Jean Arp, Sophie Taeuber-Arp, Marcel Duchamp ou Le Corbusier. Après la Seconde Guerre mondiale, qui a exacerbé son engagement antifasciste, il devient directeur de la Haute école de design d'Ulm – elle se réclame du Bauhaus et marque le style international. En 1964, il sera l'un des architectes étoile de l'Expo nationale de Lausanne – le Théâtre de Vidy, c'est lui, et dans le film son actuel directeur René Gonzales estime que le bâtiment vaut « 10 000 Opéra Bastille», monument parisien de Carlos Ott inauguré en 1989, que Gonzales fut le premier à diriger.

Erich Schmid connaît son sujet: il est l'époux de l'ancienne compagne et veuve de Max Bill, Angela Thomas, par ailleurs biographe de l'artiste – ce qui explique ses fréquentes prises de parole dans le film. Le couple habite la maison-atelier de Bill à Zumikon (ZH). Le film n'en garde pas moins une distance critique honorable par rapport a son sujet: l'empathie resté mesurée, même si le tout aurait bénéficié de davantage de voix critiques – le «système Bill» a ses failles et a connu des ratés, sur lesquels le film ne s'attarde pas. Le documentaire n'en demeure pas moins passionnant et contribuera, peut-être, à faire redécouvrir cet artiste incontournable du XXe siècle.

Le Courier, 25.4.2009

Faks sortir

sortir (Genève), 7.5.2009
(Nicolas Creutz, facsimile à droite)


 

La qualité naît du regard de la veuve de Max Bill

Freddy Landry

L'une des forces incontestables du cinéma suisse au plan international, comme le montre presque chaque année le festival Visions du réel qui vient de se terminer à Nyon, repose sur ses documentaires. Un récent sujet a été consacré à Max Frisch. Aujourd'hui, voici le tour de Max Bill, peintre, sculpteur, architecte, graphiste, designer, éditeur, homme de gauche engagé (fi fut durant quatre ans conseiller national), qui présente bien des points communs avec Max Frisch. Leurs combats contre tous les fascismes leur a valu une étroite et longue surveillance par la Police fédérale. Il s'agit là d'un documentaire classique, fait d'anciens entretiens, de témoignages actuels, d'œuvres filmées, de photos d'archives, etc.: rien d'original. La qualité naît du regard porté sur un homme et son oeuvre par le cinéaste d'autant plus perspicace qu'il passe souvent à travers celui de la veuve de Max Bill, l'historienne Angela Thomas, maintenant son épouse. Ce témoignage important est donc porteur de sentiments intimes sans la moindre trace d'exhibitionnisme. Le film apporte bon nombre de faits, rencontres, évènements. Il entre aussi à l'intérieur de la démarche créatrice.

La figure paternelle, un ancien chef de Gare de Winterthour, est évoquée sur les lieux de son travail. Au détour d'un plan qui écrase l'image, les rails brillants forment un labyrinthe de courbes géométriques que l'on retrouve ensuite chez le peintre.

Dans sa peinture géométrique à deux dimensions, très colorée, s'introduisent en force noirs après un deuil qui fit souffrir l'artiste. Bill se dit aussi proche des mathématiques qui le conduisent à la beauté des plus hautes exigences esthétiques, les sculptures lui permettant de s'intéresser à la notion de continuité. Les formes alors caressées par une caméra souvent gourmande, toujours attirantes, doivent beaucoup à la topologie simple du ruban de Moebius qui permet d'arriver d'un point à l'autre de cette surface sans la quitter.

Et Bill de parler de «regard absolu» comme tout grand musicien se fie à son «oreille absolue». Rigoureux, scientifique, mais aussi poète et toujours moderne.

L'Évènement syndical, 29.4.2009

Au service des gens

Architecte. Peintre. Sculpteur. Le Suisse Max Bill fut l'un des plus grands artistes du XXe siècle. A travers des témoignages de proches (dont sa veuve), des archives et des photos, le parcours passionnant de cet homme politiquement engagé (contre le fascisme, la guerre au Vietnam) est évoqué dans ce documentaire classique, sage et un rien impersonnel. Un film qui vaut avant tout pour son personnage, artiste-citoyen, chantre de l'art concret, dont la démarche esthétique excluait l'individualisme pour se mettre au service des gens.

R.W., Le Matin, 22.4.09

Ce documentaire trouve l'impulsivité de son modèle

Le réalisateur Erich Schmid retrace le parcours de Max Bill, l'une des figures artistiques les plus importantes du Xxe siècle. Architecte formé à l'école du Bauhaus, peintre, sculpteur, typographe, encadreur... Son infinie curiosité poussa le Zurichois d'adoption à défricher de multiples territoires. Témoignages de sa dernière compagne, Angela Thomas, comme du président Jacques Chirac, dossiers d'époque et archives personnelles documentent la trajectoire d'un créateur exceptionnel, doublé d'un humaniste engagé qui voulait ouvrir des fenêtres sur le monde. D'une facture classique, ce documentaire trouve souvent l'impulsivité de son modèle. Ainsi d'une bande-son jazzy qui swingue contre les clichés.

C. Le., 24 heures, 22.4.2009

A la (re)découverte de Max Bill

Peintre, sculpteur, architecte, graphiste, Max Bill es l'un des artistes suisses majeurs du XXe siècle. Erich Schmid lui consacre un documentaire lumineux, qui ne se contente pas de la biographie linéaire, mais explore les relations, voire les tensions, entre esthétique et politique, transcendant l'art en une activité hautement responsable. N'oublions pas que Bill, sorti de la légendaire école du Bauhaus, fut un farouche antifasciste. Un doc riche en enseignements, à mettre devant tous les yeux.

Fred Ferrari, Le Matin Bleu 22.4.09

Vibrant hommage à Max Bill
Dimanche matin, de nombreux lève-tôt biennois se sont rendus au cinéma Palace pour assister à la première du film «Max Bill – un regard absolu», en présence du réalisateur Erich Schmid. Le réalisateur était accompagné de son épouse, Angela Thomas, également veuve de Max Bill, afin de présenter ce long-métrage et de répondre aux questions du public.
FaksimileA travers des images d’archives et de témoignages de proches de Max Bill, ce dernier documentaire du cinéaste et journaliste Erich Schmid retrace le fascinant parcours de l’artiste engagé, connu internationalement, bien plus qu’en Suisse, pour ses œuvres en peinture, sculpture, architecture et design.
Né en 1908, Max Bill suit des cours au célèbre Bauhaus de Dessau. «Si le Bauhaus a transformé le visage du monde, il ne restait parmi ses nombreux étudiants en somme qu’une seule incarnation, Max Bill», insiste l’artiste suisse Gottfried Honegger. Max Bill est en effet toujours resté fidèle à la philosophie de cette école, à la dimension et à la responsabilité sociale liées à l’art. Après la fermeture du Bauhaus par le régime nazi, le peintre décide de fonder, dans les années 1950, l’école d’Ulm, s’inscrivant dans la continuité de l’enseignement et de la philosophie de Dessau. Personnage extrêmement positif et plein d’humour, cet artiste complet a su métamorphoser les étapes les plus noires de sa vie en énergie créatrice. De plus, dans son souci constant d’améliorer la condition de l’homme et de protéger son environnement, il a été très engagé sur le plan politique.
Mort en 1994 à l’aéroport de Berlin alors qu’il se rendait en Suisse, Bill laisse derrière lui une œuvre immense et incarne aujourd’hui une des plus importantes figures de l’art concret. Wassily Kandinsky, Paul Klee, Walter Gropius, Piet Mondrian, Lazlo Moholy-Nagy, les Arp, Georges Vantongerloo ou Ray Eames ont croisé sa route de près ou de loin. Ses nombreux monuments tels que le pont de Lavoitobel à Tamins (Grisons), dessiné par Bill et construit en 1966, la «sculpture-pavillon» (1983) qui se trouve devant le siège de l’UBS à Zurich (Bahnhofstrasse) ou, pour ne prendre qu’un dernier exemple, le théâtre de Vidy, conçu par l’artiste en 1964 lors de l’exposition nationale de Lausanne, font partie intégrante du paysage architectural helvétique contemporain.
Après des recherches effectuées durant de nombreuses années, Erich Schmid réalise ici un documentaire complet, riche en informations, dans un style cinématographique très classique, pour rendre hommage au grand Max Bill.
Journal du Jura (18 janvier 2009 / JSL) (lire...)


Mention du Jury de la Semaine de la Critique Locarno 2008

«Erich Schmid a construit un documentaire original, personnel et amical à la mémoire de Max Bill dont les styles de création éblouissants en tant que peintre, architecte, éducateur, ont eu des répercussions multiples sur la scène artistique mondiale.»


Texte du programme de la Semaine de la Critique Locarno 2008 (italiano in basso)

„Il s’agissait pour Max Bill de rien de moins que de l’organisation de notre environnement, et d’une conscience de l’environnement qui a gardé une actualité tout simplement saisissante.“ (Erich Schmid)

Il était sculpteur, peintre, créateur, artiste, professeur et politicien. En un mot, une éminente personnalité suisse du 20e siècle. Max Bill, né en 1908 à Winterthour, mourut en 1994. Quelques-unes de ses oeuvres comme sa “sculpture-pavillon” (1983) à la Bahnhofstrasse de Zurich ont suscité de violentes réactions, mais sont pourtant depuis longtemps acceptées et intégrées. Les passants animent le pavillon. Pendant six ans, le journaliste et cinéaste Erich Schmid a effectué des recherches et a rassemblé 185 heures de matériel filmé. Lui-même vit, depuis 1997, dans la «maison Bill» à Zumikon, et est marié depuis 1998 avec la veuve de Bill, Angela Thomas. Elle, l’historienne de l’art et auteure, a assumé dans le film le rôle de la médiatrice, du témoin oculaire et de la partenaire, distante et néanmoins engagée. Le portrait de Schmid s’entend comme un voyage dans une biographie inconnue, documente la polyvalence, l’engagement et les visions de Max Bill de manière impressionnante. Cela commence par exemple par ses études au Bauhaus de Dessau, par la reconstruction culturelle après la Deuxième Guerre mondiale en Allemagne et par la construction d’un «Bauhaus» à Ulm (Haute école de Design) dont Bill fut le directeur pendant six ans. Le film évoque les dessins, les oeuvres plastiques et les sculptures (p.ex. «Ruban sans fin»), les tableaux et les constructions (Studio de la radio à Zurich, habitation et atelier à Zumikon). Une place est aussi résolument octroyée aux ambitions politiques et à l’environnement social. Bill a été surveillé par la police pendant 50 ans. Dans les années trente, on lui reprocha d’avoir caché chez lui, à Zurich-Höngg, le journaliste et antifasciste Alfred Thomas. Thomas fut dénoncé comme émigré illégal et fut expulsé. Bill n’a jamais claironné ses activités antifascistes. Il a été actif en politique après ses expériences d’Ulm. Il fit partie de 1967 à 1971 du Conseil national (indépendant), il s’engagea pour la protection de l’environnement et dans le mouvement antinucléaire. Toutes ces facettes sont présentes dans «Bill – un regard absolu». Le point a cependant moins été fait sur les oeuvres que sur les individus, les témoins et les compagnons de route, les ambitions et les visions de Bill. Le portrait filmique et le témoignage de l’époque de Schmid tente de découvrir le secret du «regard absolu» et de rendre compréhensible la beauté dans la réduction, conformément à la philosophie de Bill. Un film qui invite à la redécouverte – à l’occasion du 100e anniversaire de Max Bill le 22 décembre 2008. (rb)


Italiano:


Faksimile
Corriere del Ticino, 12 dicembre 2008 (A. Mariotti)

Zoom...


Catalogo della Settimana della Critica Locarno 2008

„Ciò di cui si interessava Max Bill era niente di meno che la configurazione del nostro ambiente e una consapevolezza ambientale che è tuttora di un’attualità impressionante.“ (Erich Schmid)

È stato scultore, pittore, creativo, artista, pro fessore e politico. In breve: un personaggio svizzero di rilievo del XX secolo. Max Bill, nato nel 1908 a Winterthur, morì nel 1994. Alcune delle sue opere, come ad esempio la sua “scultura-Pavillion” (1983) sulla Bahnhofstrasse a Zurigo, hanno sollevato reazioni forti, ma sono da tempo accettate e integrate. I passanti animano il padiglione. Per sei anni il giornalista e regista Erich Schmid ha effettuato ricerche ed ha raccolto 185 ore di materiale filmico. Egli stesso vive dal 1997 nella «Bill Haus» a Zumikom, ed è sposato dal 1998 con la vedova di Bill, Angela Thomas. Lei, storico d’arte e autrice, ha assunto nel film il ruolo di intermediario, di testimone oculare e compagna, distaccata e al tempo stesso impegnata. Il ritratto di Schmid vuole essere un viaggio in una biografia sconosciuta, documentando la poliedricità, l’impegno e le visioni di Max Bill in modo imponente. Ciò inizia con i suoi studi al Bauhaus di Dessau, la ricostruzione culturale dopo la seconda guerra mondiale in Germania e la costruzione di una «Bauhaus» a Ulm (Hochschule für Gestaltung, Istituto Superiore di Arte Applicata), del quale Bill fu rettore per sei anni. Il film rievoca disegni, opere plastiche e sculture (ad esempio «Unendliche Schleife» ), quadri e costruzioni (Studi della radio a Zurigo, casa atelier a Zumikon). Anche alle ambizioni politiche e al sociale viene concesso spazio in modo deciso. Bill fu tenuto sotto sorveglianza dalla polizia per 50 anni. Negli anni trenta venne multato per aver nascosto a casa sua il giornalista antifascista Alfred Thomas a Zurigo-Höngg. Thomas venne denunciato come emigrante illegale ed espulso. Bill non mise mai in risalto le sue attività antifasciste. Divenne pubblicamente attivo in politica dopo le sue esperienze a Ulm. Dal 1967 al 1971 fece parte del consiglio nazionale (indipendente), si impegnò nella protezione ambientale e nel movimento antiatomico. Tutte queste sfaccettature trovano posto in Bill –das absolute Augenmass. Tuttavia l’attenzione è rivolta non tanto alle sue opere, quanto piuttosto alle persone, ai testimoni e ai compagni di cammino, alle ambizioni e alle visioni di Bill. Il ritratto filmico di Schmid e la sua testimonianza di un’epoca tentano di scoprire il segreto dello ”sguardo assoluto“ e di rendere evidente la bellezza nella semplificazione, rimanendo conformi alla filosofia di Bill. Un film che invita alla riscoperta –in occasione del centenario di Max Bill il 22 dicembre 2008.(rb)

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